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A propos de "Portraits":

Pour l'amateur vrai d'un portrait ce qui compte peut-être n'est pas tant la satisfaction d'y retrouver tel ou tel élément de ressemblance, mais plutôt le bonheur d'un moment et d'un lieu particulier de présence, présence et même proximité d'un objet qu'on pourrait nommer indistinctement peinture de la figure et figure de la peinture.

Petite disgression sur le verbe -retrouver- : "Je le ou la retrouve bien dans cette peinture, ou pas du tout ou en partie etc..."

Donc on aurait perdu quelque chose qu'on retrouverait (ou non) en considérant le portrait; donc la peinture peut être le lieu de la remémoration?

"Je quitte le modèle ou son souvenir et je vois le tableau où il y est autrement, arrimé définitivement à ce coin de toile comme dans un espace où il ne peut plus rien lui arriver, dans un ailleurs qui est justement le territoire de la peinture".

 

A propos de "Fantômes":

Il y a des peintures qui sont comme des gouffres: on se sent happé, on ne sait pourquoi. Quel mystère, d'opacité ou de clarté en émane?

Telles ont été pour moi les oeuvres choisies pour ce travail: pour la plupart des oeuvres connues, prestigieuses, "intouchables".

Justement parce qu'elles sont grandes, elles peuvent contenir de grands mystères. Il ne s'agit évidemment pas d'Histoire de l'Art ou d'Histoire tout court: c'est pure subjectivité de ma part, ce sont des histoires de peinture que j'ai tenté de raconter en peintre.

Du grand vide sonore de la chambre de Marat à l'étrange face à face du couple d'Urbino; de l'inquiétante sérénité du Pape de Velasquez aux noeuds de cheveux, de rubans et de regards du tableau de C. Lefèbvre; de l'étreinte abyssale de St Jean et de Marie au pied de la croix au nez-paysage du vieillard de Ghirlandaio, c'est une même sensation qu'il y avait là "matière" à intervenir, à me glisser dans la scène pour y introduire une proposition picturale autre, dans le plus grand respect de l'oeuvre.

Alain Steck